Récits nocturnes

Ces histoires et certains de leurs personnages sont directement
ou indirectement inspirés du jeu Vampire : L’Âge des Ténèbres
publié et propriété de White Wolf Publishing, Inc. dans sa
version originale et de Hexagonal pour la version française.

Articles de cette rubrique

  • Partie 1 : La croix, le sable et le sang

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    C’était comme une libération, un sentiment étrange qui me faisait oublier le vacarme alentour. Plus rien ne comptait, comme si ce moment devait demeurer à jamais en dehors du temps. La vue qui s’offrait à mes yeux constituait bien le spectacle merveilleux et époustouflant que j’avais attendu durant des mois et des mois, frôlant la mort à de nombreuses reprises, et tous mes compagnons n’avaient pas eu cette chance.

    | par Grolf

  • Partie 2 : Au service de Monseigneur

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    L’office dominical célébré au sein de l’église du Saint Sépulcre était pour moi plus qu’une habitude, il était devenu l’un des moments de la semaine que j’attendais avec le plus d’impatience. Quel bonheur que de se retrouver dans cette merveille d’architecture, avec sa magnificence retrouvée depuis sa restauration entamée après la conquête de la Ville Sainte ! Quel honneur que de côtoyer la fine fleur des chevaliers francs venue délivrer le tombeau de Notre Seigneur à des milliers de lieues de ses racines ! Quelle ferveur nous ressentions tous en entonnant des chants de louanges à la gloire de Dieu ! Les mots me manquent pour décrire cette transe merveilleuse, pour dire à quel rythme mon cœur battait alors, si fort qu’il me donnait l’impression de devoir éclater dans ma poitrine...

    | par Grolf

  • Partie 3 : Le don obscur

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    J’ai assisté ce matin, comme depuis plus de cinq ans, à la messe célébrée par le patriarche de Jérusalem en notre église du Saint Sépulcre. J’en ai recueilli la joie, mais j’ai également éprouvé une certaine tristesse, car je sais que c’était la dernière fois. Je suis allé me promener cet après-midi au Sud-est de la ville, vers le Mont des Oliviers. En fin de journée, je me suis allongé dans les jardins, sous un arbre centenaire, et lorsque le soleil a terminé sa course en descendant vers le ponant, je lui ai adressé un dernier adieu.

    | par Grolf

  • Partie 4 : Rien n’est gratuit

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    L’engourdissement qui immobilisait tous mes membres disparaît au fur et à mesure de la progression dans mes veines de ce sang, source de mon pouvoir et de ma malédiction. Comme chaque soir à mon réveil, sous l’effet de ma volonté, la vitae obscure retrouve chaque recoin de mon corps pour lui redonner un semblant de vie. Après quelques minutes, je me lève enfin et me dirige vers les escaliers pour sortir de cette cave sombre et humide qui me tient lieu de refuge durant les longues heures de la journée.

    | par Grolf

  • Partie 5 : La haine en héritage

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    Le hennissement de mon pur sang me tira de mes sombres pensées. Mes pensées ? Les anciens vampires disent que lorsqu’un mortel reçoit le don obscur, il reçoit aussi une malédiction, il devient un monstre avide de sang. Tous ses bas instincts, tout ce qui le rapproche de l’animal, tout ce qu’il y a de plus pervers dans la nature humaine, tout cela émerge, se développe, converge pour former une sorte de conscience ; pour certains, un maître, pour d’autres, un ennemi intérieur. Les anciens appellent cela : la Bête. Elle est en tout vampire, mais certains parviennent à la contrôler, à l’endormir ; d’autres se laissent submerger par elle.

    | par Grolf

  • Partie 6 : Lex Talionis

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    Les derniers soubresauts de la tête, de l’épaule et du bras gauche de ce pauvre homme, restés solidaires dans la mort, provoquaient quelques ondulations surréalistes dans la marre de liquide sombre où ils baignaient. Le reste du corps continuait à déverser par cette plaie béante d’énormes quantités de sang, comme s’il s’agissait d’une fontaine miraculeuse. Pourtant, il ne m’avait fallu qu’un coup d’épée bien placé pour trancher en deux le cou et le poitrail de ce serviteur mortel. Il est vrai que j’y avais placé toute la puissance de mes muscles et toute ma maîtrise de l’escrime, mais le corps des humains reste d’une étonnante fragilité sous les assauts d’un caïnite tel que moi.

    | par Grolf

  • Partie 7 : Comme un fétu de paille

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    Sentant l’anxiété de Thomas à quelques pas derrière moi, j’avais précédé sa supplique. Comme toujours plus inquiet que moi des dangers que pouvait encourir son maître, sa fidélité sans faille et sa promptitude à me servir m’avaient tiré de quelques mauvais pas au cours des nombreuses années écoulées depuis notre rencontre.

    | par Grolf

  • Partie 8 : Les morts ne racontent pas d’histoires

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    Cela faisait déjà plusieurs minutes que l’homme que l’on aurait pu croire tout droit sorti du fin fond d’une abbaye des Alpes italiennes arpentait nerveusement la pièce. Sa robe de bure, ses cheveux bruns, courts et tonsurés, ainsi que son visage fin, concouraient à donner une image des plus austères au personnage. Faisant les cent pas autour de son bureau dans cette petite cellule de l’Hôtel Saint-Marc lui servant de lieu de travail, il ne cessait de ruminer les mauvaises nouvelles de la journée. Assis sur un rustique fauteuil de bois face à son bureau, j’observai ce ballet aussi vain qu’énervant. Je sentais ma patience s’échapper par tous les pores de ma peau.

    | par Grolf

  • Partie 9 : Le jugement de lumière

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    Voilà bientôt deux semaines que la communauté caïnite de Jérusalem était sous tension, et plus particulièrement sa frange chrétienne. En effet, plusieurs motifs semblaient faire se focaliser l’attention sur certains responsables ou groupes de croisés et de pèlerins. Cette tension aurait pu disloquer le fragile équilibre qui avait encore cours dans la Ville Sainte. Mais ce soir, tout ce regain de méfiance et d’agitation allait pouvoir se dissiper, et même ceux qui ne respirent plus pourraient souffler un peu...

    | par Grolf

  • Partie 10 : La valse du temps

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    Je suis perdu. Je déambule dans les ruelles et sur les quais qui longent les canaux de la Sérénissime, je croise des centaines de personnes, dont beaucoup portent des masques et des habits colorés, mais j’ignore totalement qui peut bien se cacher derrière ces costumes. Alors que j’arpente le pont du Rialto, où se massent les curieux autour des nombreuses boutiques placées sur le pont lui-même, je me dis que décidemment, oui, je ne suis pas du même monde. J’ai de plus en plus de mal à comprendre ce qui se passe autour de moi, à appréhender les nouveaux courants de pensée, à m’intégrer parmi les miens. Etre un rejeton de la nuit n’est déjà pas simple pour vivre les bouleversements des époques qui se succèdent, mais là, tout semble s’accélérer et j’ai l’impression d’avoir dormi trop longtemps, d’avoir manqué quelque chose ou d’être en un lieu totalement étranger et impénétrable, au moins en apparence.

    | par Grolf